« Salut à tous, vous êtes bien à la radio du son, la radio du FUUN. Tout de suite, un gagnant tiré au sort va gagner un magnifi... »- Oh ! Mais qu'est ce qu'il me veut lui ? ! Dis-je, réveillée en sursaut.
000C'est mon réveil, une fois de plus, mal réglé, qui me réveille un dimanche, en pleines vacances. Trop tard, je ne dormirais plus, mon sommeil n'est vraiment pas compatissant envers moi.
000Tant pis, en fille idéale, je vais aller acheter le pain, histoire de me dégourdir les pattes, et de me redonner le moral, car être réveillée à sept heures du matin en pleines vacances d'été, ça n'est pas franchement agréable.
000J'ouvre mon armoire, tire un coup sec mon pantacourt noir et fais tomber un carton entier de barbies, rangés ici, comme des pauvres filles, pour faire de la place. Je me rends compte que je n'avais qu'un Ken et que le macho avait une dizaine de nanas pour lui seul. Je les bourre à la va-vite dans leur carton, met le carton dans un coin de ma chambre, et je reviens à mes moutons. J'enfile donc mon pantacourt, (qui m'as causé bien des dégâts), et choisi ma tunique bleu turquoise qui se marie délicieusement bien avec. Je prends derechef la clef de la maison sur mon bureau, mon sac, et je sors de l'appartement, (en prenant bien soin d'enfermer ma famille).
000Une fois les 6 étages descendus à pieds, j'arrive dans la rue, jamais déserte, à n'importe quelle heure qu'il soit. Je me dirige vers la “ boulangerie des amis” et je me rends compte qu'il n'est que sept heures trente, et que, cette satanée boulangerie n'ouvre que dans une demi-heure. Et bien tant pis, j'attendrais, mais je ne remonterais pas chez nous tant que je n'aurais ma cette fichue baguette. Je m'empare de mon livre de poche dans mon sac quand un homme m'accoste.
- Hey ma jolie, des si belles blondes que toi ne devraient pas rester seules dans les rues, me dis un garçon brun, un peu plus vieux que moi, et qui me domine en taille.
000Quatrième agression depuis deux mois, je sais quoi faire, j'ai l'habitude.
- Je ne suis pas seule, mon frère va arriver d'une minute à l'autre. Dis-je, sûre de moi.
- Je ne compte pas t'agresser poupée, j'avais juste envie de parler. Dit le garçon, faisant mine d'être déçut.
- Je ne suis pas bavarde.
- C'est ça, salut.
000Une des raisons pour la quelle je n'aime pas ma ville natale, des risques, en permanence, se promener avec un ami devient dangereux. C'est pourquoi, j'ai toujours une petite bombe lacrymogène dans mon sac à main, et un canif aussi, dès fois que le gars soit vraiment un agresseur et qu'il en viendrait aux gestes. Bref, ça en devient presque normal dans la tête des gens de se balader avec un couteau en poche dès que l'on veut sortir de chez soi, histoire de ne pas avoir peut d'une agression quelconque. Je trouve ça complètement injuste, personnellement. Même si là, ça n'est pas vraiment une agression, j'ai vu pire, c'est juste un gamin qui essaye de se faire passer pour un winner.
000A ma montre, il est déjà huit heures moins cinq, la boulangerie ne va plus tarder à ouvrir. Je reprends mon livre en main, et feuillette les pages jusqu'à ma période préférée. L'histoire d'une fille, abandonnée, qui se reconstruit une vie tant bien que mal, essayant d'oublier son chagrin, en se refaisant une sorte de famille, composée de gens fidèles, et d'amis.
000La grille de fer du boulanger s'ouvre enfin. Je salue le boulanger de la main et entre à l'intérieur.
- Bonjour mademoiselle Kiev. Comment vas-tu ? Me dis l'homme brun.
Monsieur Simon est un ami de mes parents, je l'ai déjà vu pas mal de fois chez moi.
- Bonjour, ça va bien merci. Une baguette s'il vous plaît, répondis-je, avec un grand sourire.
Voyant les croissants au chocolat qu'est en train d'apporté Mme La boulangère, je craque.
- Ah ! Euh, un croissant au chocolat aussi, S'il vous plait.
- Je te cherche ça, comment vont tes parents ? Dis l'homme, une baguette à la main.
- Ils sont.. Comme d'habitude.
- Ok, Ca f'ras un euro dix s'il te plaît.
000Je dépose l'argent sur le comptoir et file. Resister une seconde de plus à ce croissants met impossible.
000Je pris l'ascenseur cette fois ; monter six étages n'est pas franchement agréable à pieds. (J'ai mangé mon croissant en cinq secondes, le temps que l'ascenceur monte). Arrivé au seuil, je n'eus même pas besoin de glisser la clef dans la porte, elle était grande ouverte (allez savoir pourquoi). Ma mère et mon frère déjeunaient, et ne se rendirent même pas compte que j'étais là.
- Salut tout le monde, comment va ? Me lançais-je.
- Ma chérie, où étais-tu ? Dis ma mère, alarmée.
- Je suis allé chercher du pain, maman.
- J'ai laissé la porte ouverte, dès-fois que... Je ne sais pas. La drogue, tout ça..
000Ma mère est seule. Depuis trois ans. Mon père est mort dans un accident de voiture. Cela va sans dire qu'il me manques. Mais sachant que je ne l'ai vu qu'une ou deux fois dans ma vie; je ne peux pas dire que ça me rend malheureuse à en mourir. Je ne sais vraiment, mais vraiment pas grand choses de lui. Je suis en tout cas sur qu'il s'apppelais George Kiev. Mes parents ne sont plus ensemble depuis mes trois ans, et, malgré le peu de souvenirs qu'il m'en revient, je ne crois pas qu'il était souvent là non plus. Bref, depuis sa mort, ma mère me sûre-protecte.
- Vous me croyez vraiment capable de faire n'importe quoi, Répondis-je, vexée.
- Mais frangine, tu ES capable de faire n'importe quoi ! Dis mon petit frère, Romain.
- Bref, je n'ai pas bu, je suis allé chercher du pain, point. Dis-je.
- C'est bien Lucile, merci. Dis ma mère, un sourire forcé au lèvres.
000Je part dans ma chambre, et j'allume mon ordinateur, magnifique cadeau offert par ma grand-mère l'année dernière. Je me change les idées, j'en ai marre, de ma mère depressive et de mon frère qui ne vit que pour lui même et pour son poisson rouge..